6:33 & Arno Strobl – Giggles, Garlands & Gallows

Il est rare qu’un album fasse l’unanimité au sein de la rédaction. C’est justement ce qui donne, à notre avis, tout l’intérêt à un webzine de passionnés. Bizarrement ce nouveau...

Il est rare qu’un album fasse l’unanimité au sein de la rédaction. C’est justement ce qui donne, à notre avis, tout l’intérêt à un webzine de passionnés. Bizarrement ce nouveau projet de 6:33 échappe à la règle et débarque directement dans la case « incontournable, pas de discussion possible ». A une époque où les clowns semblent revenir à la mode, entre le retour tant attendu de la « mascotte » clownesque de Trepalium dans ses nouvelles aventures et la fin de la campagne électorale française, c’est bien un concept album contant les aventures d’un clown dépravé que Tom dissèque pour nous.

Aujourd’hui, jour de fête du travail (cette année autrement appelée fête de la récupération politique, mais ceci est un autre problème) je vous propose la chronique d’un EP que je qualifierais d’OVNI. Avant toute chose je vous invite (je vous ordonne, même) à visionner le teaser qui va suivre, histoire de mieux comprendre mon propos dans la suite de ce billet :

Alors chers lecteurs, vous aussi vous avez une envie irrépressible de vous jeter sur cet EP ?

Je ne peux que vous le conseiller, en plus le groupe le met gratuitement à disposition, il serait dommage de s’en priver. Le teaser que vous venez de visionner, j’en suis certain, donne tout à fait le ton de cet EP. Mais d’ailleurs est-il juste de parler d’un EP ? Je dirais plutôt un mini-album concept, véritable pièce musicale, complexe au premier abord mais juste jouissive. Oui, n’ayons pas peur des mots. Ce salaud de clown va rentrer dans votre petite tête et ne plus en ressortir, soyez prévenus !

C’est très difficile de chroniquer ce genre d’albums, ce n’est même plus une claque musicale à ce niveau là. C’est juste parfait, vraiment. Pour tous les fans de rock à tendance métal barré (ou l’inverse) avec un univers totalement à part cet EP est fait pour vous ! Musicalement on navigue entre du Faith No More et du David Guetta qui aurait couché avec le Joker de Batman, pour faire simple. Une pure folie généralisée qui me réconcilie même avec le clavier dans le métal, c’est dire…

On passe de passages joyeux et dansants à des parties sombres au chant death, puis viennent des passages électro, un gros « refrain » (si on peut qualifier de refrain un passage chanté qu’une fois dans une « chanson » de 10 minutes) qui te reste dans la tête toute la journée, un sample nécrophile… Tout y est !

Et c’est tellement riche que c’est carrément impossible de ressortir tel ou tel riff ou tel ou tel passage, il faut vraiment se prendre l’EP entier dans la tronche, d’un seul bloc. Entre références clairement « métal moderne » (que je hais cette scène et ce terme…), univers clownesque complétement délirant et passages intergalactiques, c’est un réel chef d’œuvre qui nous est proposé par 6:33 et Arno Strobl. Je dois dire que je ne connaissais jusque là pas bien 6:33 (hormis une chanson sur une compilation Combat Nasal, qui ne m’avait pas marqué plus que ça) ni le fameux Carnival In Coal de monsieur Strobl (pas taper, je vais vite me mettre à jour), quelles découvertes…

Avant de conclure je dirai juste un petit mot sur la production. Mais bon dieu c’est quoi leur problème ? C’est possible de faire un truc aussi monstrueux par chez nous ? Et bien oui ! Et plus précisément au White Wasteland Studios d’Emmanuel Rousseau. Parce que c’était pas gagné d’avance de faire un truc monstrueux mais clair avec autant d’instrumentations, de voix, de samples et tout ce qui s’en suit. Au final, vous jugerez par vous même, la production m’a mis elle aussi une énorme mandale. Ce qui fait de cet EP la grosse tuerie de l’année. On est qu’en mai mais ça va être difficile de faire mieux…

Une fois l’enchainement dantesque de Giggles, Garlands & Gallows parties 1 et 2 qui vous mettra par terre, le groupe a eu la bonne idée d’ajouter un titre plus « accessible » et presque pop pour conclure en beauté. Bon attention quand je dis pop c’est selon les standards énoncés juste avant : varié, alambiqué, mais surtout encore plus accrocheur ! Sobrement intitulé « I like It », cette chanson finira de vous achever, faites moi confiance…

Longue vie au Clown. Amen.

Tom

Ancien organisateur de concert sur Lille au sein de Nordgazik (Misanthrope, Violator, Arkona...). Rédacteur web dans la vie de tous les jours.